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Séparer, se parer

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    Séparer, se parer   Au vent l'hirondelle A colonisé ma vie Puis s'est envolée. D'une rive à l'autre Les nénuphars ont fané Mes larmes se cascadent. Et le coeur s'emballe Le spleen plein le barillet Tire à boulets rouges. Au miroir du lac Où nos reflets se séparent Dépendance se noie. Stoïque dans le vent La patience du franc rimeur L'extrait de la pente. Derrière la montagne Abandonnant l'abandon Le soleil pétille.

Stockholm

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   Stockholm   Dans cette ville trop froide, mon cœur trop chaud se meurt. Elle n’était qu’embuscade, un piège pour mes ardeurs.   Ma barque s’est échouée sur ses rives éclairées Je me suis emballé, le reste n’est que regrets. Tant besoin d’un fika, elle m’a fait son esclave Je ressemble au Vasa, je ne suis qu’une épave.   J’aimerais la quitter pour un prochain voyage Voir des nouvelles contrées, m’écarter du rivage. Contre vents et marées, tout me ramène à elle Je me sens menotté, en prison virtuelle.   Je m’extraie vers le Nord, Gamla Stan me rappelle Son pouvoir est trop fort, sirènes de l’archipel. Si l’Amour est une île, je suis un naufragé Un aliéné servile qui ne peut s’échapper.   La passion, la raison osent bien quelques murmures Je reste dans mes cloisons, en fustigeant le mur. Mon âme est mon bourreau, je fais mes propres nœuds Submergé hors de l’eau, Stockholm m’a rendu vieux…

Les charmes de la chute

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   Les charmes de la chute   Elle gambadait dehors, virevoltante comme avant. Vainqueur du mauvais sort, bien plus forte que les vents. La tornade derrière elle, elle volait sur la vie Elle traversait le ciel au gré de ses envies.   La voir me ravissait, recluse dans mon placard Dire qu’ils l’avaient hissée, doucement sur un brancard. C’était il y a deux mois, je m’en souviens encore Mais c’est mon rôle à moi de soutenir son corps.   Je regrettais ce temps où nous ne faisions qu’un Je déteste le printemps : trop cruel trop taquin. Elle ne m’aime qu’en hiver, quand ses ailes sont gelées Quand ses bobos divers se sont amoncelés.   Je me suis ressaisie : j’accepte ma fonction Car trêve de fantaisie ou de tribulations. Il faut juste patienter, qu’elle s’écroule comme une quille Je dois m’en contenter : je ne suis qu’une béquille…