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Avec un x

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Avec un x J’étais moi, j’étais chez moi. J’étais bien moi, j’étais bien chez moi. Des fleurs. Chatoyantes, attirantes, colorées. Mon cœur. Un enfant, une flamme, attiré. J’ai pris mon courage de gamin Des jours rapides aux lents demains Je n’ai pas reporté, peu importe mes doutes Face à tous ces chemins, j’ai choisi cette route. J’suis parti en chantant vers la jolie forêt Enchanté, j’ai remis mon équilibre en chantier En travaux tous ces obstacles qui entravent Délicieux parfums qui m’enivrent, qui me dépravent. Pris en flagrance délit, je perds la vérité Je mens, virgule, fonce, je rêve de clairière Une orée, de l’or, un horizon clair. Mais plus je chemine et plus le ciel se mine De crayons en nuages, le vert se décolore Les feuillages gris s’agglutinent En gloutons, ils dévorent le décor. J’ai laissé mon moi. J’ai bien délaissé mon moi. Des loups. Des cris, une meute. Affamée. Mes yeux. Paralysés, fixes. Terrorisés. Une course effrénée...

Travers de crabe

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  Il ne marchait plus de travers : L’eau rendait sa carapace blême, Noyé, son teint virait au vert : Petit crabe avait un problème.   Mais son amie l’éponge veillait : Gentille, elle sortit de la mer Et décida de le veiller Comme l’aurait fait sa propre mère.   Elle absorbait, goutte après goutte Et l’âme triste se résorbait. Elle absorbait, doute après doute L’éponge gonflait, toute imbibée.   Le temps passa, faisant effet Les vagues s’enfuirent, dans leurs reflux L’éponge-onguent, telle une fée Lui déversa, tout son influx.   Revigoré, courant de biais Le décapode est reparti L’éponge se meurt, toute asséchée : Les rôles se sont intervertis.    

L'ange déçu du verger

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  Illustration : Prunelle Pouillart L’ange déçu du verger Ce matin, un petit farfadet se promenait Dans les longues allées du grand verger. Seul, sans maison, affamé, Le lutin lorgnait sur les fruits colorés. Gauvin, pommier centenaire Voulut donner un coup de pouce au jeune solitaire : D’un coup de branche plein d’habileté Il envoya une pomme au pauvre farfadet. Ayant assouvi son besoin de générosité Le vieil arbre se sentait apaisé.   Ereinté par un voyage éprouvant Se posa ce midi un joli griffon blanc. Paniqué, le jeune père Avait laissé sa famille dans la misère : Une femme et douze enfants sans nourriture Perdant leurs forces à toute allure. Gauvin dit alors au bel oiseau : « J’ai tout ce qu’il vous faut : Arrache-moi trois branches touffues Et ta famille redeviendra joufflue. » Le pommier au grand coeur insista, Si bien que le griffon s’exécuta.   Comme chaque soir le jardini...