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Stockholm

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   Stockholm   Dans cette ville trop froide, mon cœur trop chaud se meurt. Elle n’était qu’embuscade, un piège pour mes ardeurs.   Ma barque s’est échouée sur ses rives éclairées Je me suis emballé, le reste n’est que regrets. Tant besoin d’un fika, elle m’a fait son esclave Je ressemble au Vasa, je ne suis qu’une épave.   J’aimerais la quitter pour un prochain voyage Voir des nouvelles contrées, m’écarter du rivage. Contre vents et marées, tout me ramène à elle Je me sens menotté, en prison virtuelle.   Je m’extraie vers le Nord, Gamla Stan me rappelle Son pouvoir est trop fort, sirènes de l’archipel. Si l’Amour est une île, je suis un naufragé Un aliéné servile qui ne peut s’échapper.   La passion, la raison osent bien quelques murmures Je reste dans mes cloisons, en fustigeant le mur. Mon âme est mon bourreau, je fais mes propres nœuds Submergé hors de l’eau, Stockholm m’a rendu vieux…

Le Côté Obscur

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    Le Côté Obscur.   Sur le grand échiquier de la vie, Les autres s’opposent aux uns, Barbares et savants réunis, Chacun voulant arriver à ses fins.   La belle reine blanche arbore fièrement sa robe de soirée, Divine parure d’une pureté immaculée. Aux premières loges sur le devant de la scène, Elle rit distinctement aux élégances mondaines. Le pion noir avance pas à pas, Jamais de biais, toujours tout droit. Esclave d’une société qui normalise, Enchaîné à un système qui le terrorise. Le noble cavalier blanc galope avec fierté. Sa vertu n’a d’égale que sa renommée. Garanti zéro défaut, bien sous tout rapport, Tout le monde sait qu’il n’a jamais tort. Le fou marche obstinément de travers : Gentil troubadour sans réflexion, Bouffon trop immature pour devenir père, Mais que tout le monde aime bien au fond. La tour est imprenable, Telle une boîte, impénétrable, Les émotions n’en sortent pas, Les coups durs ne l’att...

J'ai croisé tant d'histoires...

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    J’ai croisé tant d’histoires…   J’ai croisé tant d’histoires qui toutes me ressemblaient Un peu comme des miroirs, comme si j’me dédoublais.   Le petit pull rayé, de verre clair et de blanc Vit sa première tournée : il en est chancelant. Il s’enivre de l’air frais, loin de la garde-robe Pompette mais assoiffé, il fait le tour du globe.   Ce vélo à peine stable se sent pousser des roues Il vole même dans le sable, saute au-dessus des trous Et tel un funambule, il ne voit pas la chute Il roule dans sa bulle, sans craindre la culbute.   J’ai croisé tant d’histoires qui toutes me ressemblaient Un peu comme des miroirs, comme si j’me dédoublais.   Un chien peut-être un loup, tant il semble enragé Ou même un loup-garou, prêt à tout saccager Il a brisé sa laisse pour aboyer plus fort, Sans doute des cris de liesse, il court après son sort…   Une poussette bruyante semblait vouloir m’parler De phras...

Cycliste d'appartement

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     Cycliste d’appartement   « Pédale, pédale, pédale » : le Tourmalet approche, Et même si j’ai la dalle, faut pas que j’rate le coche. J’vise le maillot à pois, j’espère finir en jaune ! J’me déleste de mes poids, la foule devient aphone.   « Plus vit’, plus vit’, plus vit’ » : je sais qu’la route est longue J’me lance dans la poursuit’ : j’me prends pour Lance Armstrong. J’me sens toujours à l’ais’ dans mon appartement Demain l’Alpe Duez : j’roule devant mon écran.   Dehors c’est trop dang’reux, faut se mettre des barrières Pas un aventureux : je reste à la frontière. Aucun risque de chute, jamais de crevaison Je fonce tout azimut, quelque soit la saison.   Cycliste mais pour du faux, j’augmente la cadence Avec Jean-Pierre Pernaut, je fais le Tour de France ! Arrête tes balivernes : je n’suis pas un peureux, Au chaud dans ma caverne, je suis le plus ...

La narine enflée

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 La narine enflée   Elle aimait parfumer, il était moribond Il pouvait la humer : elle sentait tellement bon. Ses mille et un arômes ensauvageaient sa vie Sentiments maelstroms firent jaillirent tant d’envies.   Rêveur, sentimental, il la voyait Princesse Caressant ses pétales avec délicatesse L’aimant à la folie, plus que passionnément Elle était si jolie, il était Prince charmant.   Enivré par l’odeur, oubliant toute mesure Esclave de ses ardeurs, c’était dans sa nature. Amoureux acharné, il lui conta fleurette Prisonnier de son nez, il en perdit la tête.   Il la voulait pour lui, toujours à ses côtés La sentir jour et nuit, en exclusivité. Il avait le vertige, il cherchait un cocon, Il arracha sa tige, la mit dans un flacon.   Prisonnière sous sa cloche, elle ne diffuse plus rien Il a raté le coche, il se sent moins que rien. Senteur évanescente, il n’avait pas prévu. La chute est évidente, pourquoi ...

Bleus

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  Bleus   Courbes sans issue Bulles ancrées Pointillés au fer bleu.   Palpitant camaïeu Maïeutique en toc Coufiques tourbillonnants   Mes envies s’abîment Mes envies s’abyssent J’ai des bleus aux désirs Des vagues à l’âme Ecchymoses monotones.   Je me débats En ébats J’essaie de remonter.   Elle s’éteint, celle qui dort dans l’océan Le rouge enfoui en jouit : embrase-moi J’ai le cœur bleu livide.

Qui a volé le foudre de Zeus ? (théâtre)

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  Qui a volé le foudre de Zeus ? 6 garçons, 4 filles: Zeus, Héra, la Pythie, Cassandre, Prométhée, Icare, Midas, Sisyphe, Cupidon, Artémis. Scène 1 : Zeus, Héra Zeus – Mon amour, où as-tu rangé ma foudre ? Héra – Mon amour ? Tu as des choses à te faire pardonner ? Zeus – Même pas ! Mais tu ne réponds pas à ma question. Héra – Tu n’as pas l’air d’avoir envie de te fâcher pourtant, pourquoi veux-tu ta foudre ? Zeus – Regarde ces misérables humains ! Plus personne ne s’aime ! Ca fait presqu’un an que les Athéniennes et les Athéniens ne se rencontrent plus, ne se parlent plus, ne se marient plus ! Héra – Et en quoi ça te dérange Monsieur Mêle-tout ? Zeus – Quand il n’y a plus d’Amour, c’est comme si on ouvrait la boite de Pandore ! A ce rythme-là, s’ils ne s’aiment plus, ils ne feront plus de bébés, et nous n’aurons plus d’humains à nous mettre sous les dents ! Plus personne pour nous vénérer, plus per...