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De l’autre côté du placard

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    De l’autre côté du placard   Si je sortais de mon placard En apprenant à m’accepter J’pourrais peut-être avoir rencard Avec moi-même pour la soirée !   J’ai sûrement trop pris l’habitude De faire des soirées déguisées Être juste moi c’est bien trop rude J’ai vite appris à bien ruser. Au bal masqué je suis Zorro On me prend pour un justicier Mais dans les faits j’suis Bernardo Tapi dans l’ombre plutôt muet… J’parle de toutes les couleurs J’ai la peau d’un caméléon J’ai peaufiné mon jeu d’acteur J’m’adapte à toute situation. J’cause de la pluie et du beau temps J’me sens zéro, pas au niveau Je reste discret sur mes passe-temps J’laisse mon vrai moi dans l’caniveau.   Si je sortais de mon placard En apprenant à m’accepter J’pourrais peut-être avoir rencard Avec moi-même pour la soirée !   J’sais pas qui j’suis : j’suis trop nombreux C’est le bazar dans ma call’basse Je ne sa...

Masculinités

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  Masculinités   Je suis une fille manquée, garçon pas réussi La masculinité, qu’est-ce que ça signifie ?   A tous ceux qui comme moi : Les pas costauds, les pas virils Les victimes du patriarcat De cette norme un peu débile. Dans les films, j’suis pas comme le héros : J’suis trop chétif, j’suis trop fluet. J’incarne plutôt Caliméro : C’est trop injuste, j’suis maigrelet. J’ai bien essayé de faire des pompes Tous les matins au réveil Mais dès midi, l’effet s’estompe Faudrait peut-être que je ressaye.   Je suis une fille manquée, garçon pas réussi La masculinité, qu’est-ce que ça signifie ? A tous ceux qui comme moi : Les petits cœurs, les mecs sensibles Les victimes du patriarcat Pour nous pleurer, c’est pas possible. Quand j’dis qu’j’aime pas trop la baston On me répond : t’es une mauviette Si j’comprends rien à ce juron On me rétorque : t’es qu’une tapette ! J’sui...

La grève du rail

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  La grève du rail   Il s’appelle Jean-René, il est le rail de droite, A longueur de journées, c’est l’amour qu’il miroite. Il est le rail de gauche, son p’tit nom c’est José, Lassé de la débauche, il aimerait se poser.   Ils se regardent de loin, ils rêvent d’une entrevue, Tout en prenant bien soin, de ne pas être vus. Vous l’avez deviné, les deux sont amoureux, Et s’ils s’acoquinaient, ils en s’raient bien heureux.   Mais leur vie est ailleurs, leur rôle trop important, Et tant pis pour leur cœur, dommage qu’ils s’aiment autant. Tous ces trains si pressés ont tellement besoin d’eux, Qu’ils ne peuvent annoncer qu’ils aimeraient être à deux.   Mais un jour tout déraille : leur amour est trop fort Au diable leur travail, ils s’écartent de leur sort Les deux rails se rapprochent et enfin s’entremêlent, Ils se roulent une galoche, se sentent pousser des ailes.   Voici l’heure de la chute, celle de la dernière ...