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Les charmes de la chute

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   Les charmes de la chute   Elle gambadait dehors, virevoltante comme avant. Vainqueur du mauvais sort, bien plus forte que les vents. La tornade derrière elle, elle volait sur la vie Elle traversait le ciel au gré de ses envies.   La voir me ravissait, recluse dans mon placard Dire qu’ils l’avaient hissée, doucement sur un brancard. C’était il y a deux mois, je m’en souviens encore Mais c’est mon rôle à moi de soutenir son corps.   Je regrettais ce temps où nous ne faisions qu’un Je déteste le printemps : trop cruel trop taquin. Elle ne m’aime qu’en hiver, quand ses ailes sont gelées Quand ses bobos divers se sont amoncelés.   Je me suis ressaisie : j’accepte ma fonction Car trêve de fantaisie ou de tribulations. Il faut juste patienter, qu’elle s’écroule comme une quille Je dois m’en contenter : je ne suis qu’une béquille…  

La solitude de la licorne

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La solitude de la licorne.   Bienvenue au pays imaginaire, Là ou se côtoient lutins, nains et farfadets Avec des réactions similaires Aux pauvres humains désemparés…   Une licorne nommée Gelu, en ce dimanche naviguait à vue. Seule, isolée et solitaire, elle décida de rendre sa vie moins austère, Avant la venue du crépuscule. Elle s’inséra dans un groupuscule,   Par un beau matin ensoleillé, elle croisa une horde de chevaux, Choisissant de s’intégrer, elle se mit comme eux au galop. Les simples bêtes n’étaient pas peu fières, De courir avec cet être extraordinaire. Gelu semblait heureuse, mais bien vite elle déchanta, La conversation devint bien vite ennuyeuse, en un éclair elle s’éclipsa.   Alors que l’après-midi se couvrait, La licorne aborda une chèvre jeune et gaie : « Bonjour, je suis gâtée : Toi au moins tu me ressembles Est-ce que ça te dirait, De passer du temps ensemble ? » L’agréable an...

L'effet mer

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  L’effet mer Au rythme de ses flots, de ses vagues de douceur La mer berce le berceau de ses eaux, de son cœur. On a beau prendre la mer, elle est toujours présente Elle reflète nos chimères d’une lumière bienveillante. Des fantasmes, j’en ai tant, l’addition est salée, Mes besoins importants : l’mal de mer m’fait du pied. Crevettes, bar, églefin : toujours de quoi m’nourrir Homard, thon ou colin : pour moi, prête à mourir. L’effet mer n’est pas court, il dure toute la vie Il éclabousse toujours fait pousser mes envies. Rouge, Méditerranée, si j’avais eu le choix De Chine, Noire ou Egée, je t’aurais choisi toi.   Ce soir la tempête gronde, les nuages s’amoncellent, On craint les mauvaises ondes, je ne vois plus le ciel. Mon bateau est rétif, les rochers lui font d’l’œil, Dragués par les récifs, je sens poindre le deuil. La mer entre en action, elle décale sa marée Avec abnégation, elle œuvre sans arrêt Le bleu est reven...

Rendez-vous réussi

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  Rendez-vous réussi   Doumba le crocodile vivait en Amazonie. La vie était bien tranquille : il se trouvait verni. Il pensait que la jungle n’était pas si terrible, Même si pour beaucoup, elle demeurait inaccessible.   Parfois, il se délectait en bronzant sur les rives Pour se remettre de ces matinées plus actives, Ces moments   où, affamé, il partait à la chasse Où il attrapait les proies du fleuve dans ses nasses.   Il pouvait compter sur sa femme pour le cajoler, Mais il lui arrivait de se sentir isolé. Quand c’était le cas, il ne versait pas de larmes : Le crocodile sortait plutôt sa magnifique arme…   Ainsi, il agitait sa queue de toutes ses forces Il était prêt à tout, même à risquer l’entorse. Le vent produit créait une douce mélodie : Une sorte de signal pour appeler le Paradis.   Quand Birundi le perroquet entendait ça Ses ailes s’emballaient, et il rappliquait fiça ! Et le...

Plouf !

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   Plouf !  J’ai glissé sur la vie, je suis tombé à l’eau. J’avais bien des envies, mais tout m’semblait trop haut. Le poids de mes soucis, m’entrainait vers le fond J’étais à la merci, prisonnier d’un typhon.   Mon passé tournoyait, fouettait mon visage Allais-je me noyer, ou trouver un virage, Une issue de secours, une main pour remonter ? Je me sentais si lourd, sans aucune volonté…   Dans cette marée noire, où tout m’abandonnait Pris dans un entonnoir, plus moyen d’raisonner… Je me bouchais le nez, cherchait de l’oxygène Marre de vivre en apnée, dans ce monde anxiogène !   Mes « amis » occupés, à gérer leurs dérives M’ont pas vu déraper, après tout, ça arrive. C’est dans l’indifférence, que j’me suis vu mourir Priant la bienveillance, seul remède pour guérir.   Quand j’ai touché l’abime, c’est là que j’ai capté Qu’il fallait que j’supprime, tout ce qui me lestait. Comme dans un sorti...

Nos nuits fleuries

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  Nos nuits fleuries   J’ai un arbre dans la tête Tant de branches qui s’entêtent A fleurir dans la nuit Pour un non, pour un oui.   A tort ou à raison C’est toujours le printemps A toutes les saisons Ça pousse en un instant.   J’espère mon tronc solide Pour résister aux vents Mes feuilles telles des bolides S’envolent bien trop souvent.   Cache-t-il une forêt Une faune ébouriffée Une flore à explorer Une multitude de fées ?   J’aimerais dormir léger Juste cueillir des pâquerettes Entre le chant des geais Quand est-ce que ça s’arrête ?